Fusions - AcquisitionsFusions-acquisitions : la France à revers de la dynamique mondiale

6 juillet 2015

http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021170990856-fusions-acquisitions-la-france-a-revers-de-la-dynamique-mondiale-1132418.php?BHHzFCZvAC1Yuq44.99&utm_content=bufferdc4a2&utm_medium=social&utm_source=linkedin.com&utm_campaign=buffer

Selon Baker & McKenzie, le flux de M&A sera en recul en France de 25 % cette année, à 70 milliards de dollars. Un mouvement à contre-courant du reste du monde, qui vient de connaître son semestre le plus actif depuis 2007.

A l’aune de ce premier semestre, le flux à venir de fusions-acquisitions en France pourrait bien décevoir. L’opération à 10 milliards d’euros manquée de Patrick Drahi sur Bouy­gues Telecom en est la meilleure illustration. Certains banquiers saluent les prises de risque mais au bout du compte, malgré le rachat d’Alcatel par Nokia, de Verallia par Apollo, ou d’actifs de Lafarge par CRH, le volume de transactions annoncées (et non pas réalisées) a reculé de 35 % ces six premiers mois sur un an, à 72,3 milliards de dollars, selon Dealogic. Ce mouvement est à contre-courant de la zone européenne (+ 13% à 531 milliards de dollars) et mondiale (+33 % à 2,22 trilliards de dollars), qui vient de connaître son semestre le plus actif depuis 2007.

Or cette exception française devrait se prolonger. Selon une étude mondiale d’Oxford Economics pour le cabinet Baker & McKenzie publiée ce lundi, le niveau de « deal flow » réellement réalisé en France devrait reculer au total cette année d’un peu plus de 25 %, à 70 milliards de dollars d’opérations. « L’année 2016 devrait marquer la reprise, malgré la période préélectorale et la présidentielle de 2017 », estime Stéphane Davin, associé chez Baker & McKenzie. La France n’aurait cependant connu que deux ans de reprise, quand au niveau européen et mondial une hausse continue des volumes se profile jusque fin 2017.

Rachats américains

« Le gage le plus élevé de la solidité de la croissance mondiale du M&A est qu’elle repose sur des transactions beaucoup plus stratégiques que pendant les autres périodes de haut volume de M&A comme en 2007 », relève en effet Gilberto Pozzi, coresponsable mondial du M&A de Goldman Sachs. Même perspective pour le Vieux Continent, «  les groupes non européens estiment que d’une certaine façon le pire est derrière nous, le cycle est en train de se renverser en Europe », dit Hernan Cristerna, le coresponsable du M&A chez JP Morgan. D’ici à 2018, année attendue de la fin de la politique accommodante des banques centrales, la croissance économique devrait passer de 2,5 % à 2,9 %. A l’exception de la France, l’Europe restera tirée par des rachats américains soutenus par la hausse du dollar et la reprise économique.

Cette particularité française est à relativiser compte tenu du niveau de transactions exceptionnel de 2014. Mais il n’en reste pas moins que l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne devraient capter l’essentiel des acquisitions étrangères. La France en réalité attire moins que les autres pays. Selon les calculs de l’étude (combinant des paramètres de croissance du PIB, capitalisation boursière, etc.), la France dégage un score moyen d’attractivité de 5,7 sur 10, contre 6,8 pour la Grande-Bretagne ou 5,9 pour l’Allemagne. L’Hexagone se situe au 16e rang mondial derrière la plupart des grands pays développés. « En Europe, nous préférons nous concentrer sur les pays du Sud, où la reprise est beaucoup plus nette, qu’en France », corrobore un banquier anglo-saxon. Les projets d’acquisition de dirigeants français butent sur des calculs trop prudents. Les changements multiples à la tête des grands groupes (Total, Sanofi, etc.) n’ont pas non plus aidé.

Racheter pour racheter n’est cependant pas le sujet. François Kayat chez Lazard salue la capacité des dirigeants à ne pas lancer des opérations dans l’urgence lorsqu’une fenêtre de tir s’ouvre dans le contexte de volatilité actuel. Le véritable enjeu est de ne pas manquer la prochaine opportunité

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